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today23 mai 2026

Imaginez passer l’examen le plus redouté de France à l’âge où la plupart des enfants jouent encore à chat dans la cour de récréation en école primaire. Cette année encore, le plus jeune candidat inscrit à l’épreuve du baccalauréat a moins de 10 ans. Un exploit intellectuel fascinant qui cache pourtant une réalité beaucoup plus complexe… et qui pousse aujourd’hui l’Éducation nationale à préparer une contre-attaque.
L’an dernier, la France découvrait avec stupeur une jeune fille de 9 ans décrochant son baccalauréat général (spécialité mathématiques) avec brio. Derrière ce succès hors norme se cachait l’accompagnement de Hugo Sbai, lui-même ancien prodige devenu bachelier à 12 ans.
Sa méthode pour ces jeunes cerveaux ? Casser les codes traditionnels de l’apprentissage. Fini les limites strictes du programme scolaire année par année. Il s’agit d’adopter une approche agile et flexible, calquée sur les véritables intérêts et le niveau de l’enfant, sans jamais freiner sa soif d’apprendre.
Cependant, les experts de la petite enfance tirent la sonnette d’alarme. Une pédopsychiatre met en lumière un véritable malaise qui entoure ces parcours : qui est réellement à l’origine de cette course à la performance ? Les parents ? Le rêve de l’enfant lui-même ? Ou des établissements privés devenus de véritables usines à « parcours accélérés » ? Le risque est immense de placer ces très jeunes élèves dans un dangereux conflit de loyauté, coincés entre leurs propres envies et les attentes des adultes.
Face à ces dérives potentielles, le ministère de l’Éducation nationale a décidé de trancher. Actuellement, le vide juridique est total : aucune règle n’empêche légalement un parent d’inscrire son enfant de 8, 9 ou 10 ans. Mais cela est sur le point de changer.
Estimant qu’il n’est absolument « pas sain de forcer un enfant » si jeune à subir la pression d’un tel examen, le gouvernement réfléchit sérieusement à instaurer un âge plancher.
La volonté de l’institution est claire : s’assurer qu’un candidat possède la maturité psychologique nécessaire pour affronter cette épreuve. Surtout, le ministère veut mettre fin aux inscriptions « pour voir ». Les autorités soulignent l’incohérence de passer un diplôme d’accès aux études supérieures alors que ces enfants n’y entreront réellement que cinq, six, sept ou huit ans plus tard.
La fin de l’ère des « bébés bacheliers » semble désormais inéluctable.
Écrit par: R. Galland
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