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Drame de Crans-Montana : « Ça ne peut pas arriver en discothèque », estime le gérant du Mad’ à Saint-Martin-en-Haut

today16 janvier 2026

Arrière-plan

Après le drame qui a fait 40 morts dans un bar suisse le 1er janvier, la préfète du Rhône annonce une série de contrôles dans les établissements festifs du département. Des inspections qui débuteront dans les 15 jours et qui visent en priorité les lieux disposant de sous-sols.

La tragédie de Crans-Montana a provoqué une onde de choc bien au-delà des frontières suisses. L’incendie du bar Le Constellation survenu le 1er janvier 2026 à 1h28 du matin lors des festivités du nouvel an a fait 40 morts, dont une moitié de mineurs, et 116 blessés graves. En France, les autorités réagissent. Mardi 6 janvier, la préfète du Rhône a réuni professionnels du secteur festif, élus et forces de sécurité pour rappeler les règles et annoncer des contrôles renforcés.

Des manquements graves révélés en Suisse

Selon les premières auditions, de nombreux témoins présents au Constellation le soir de la tragédie affirment aux enquêteurs ne pas avoir remarqué les issues de secours. Un client de 30 ans déclare aux policiers qu’il n’a vu ni extincteur ni dispositif de signalisation des sorties de secours. Les premiers éléments de l’enquête posent la question de la conformité aux normes anti-incendie : application de mousses phoniques en polyuréthane inflammable aux plafonds, interdites en Suisse et en Europe, obstruction ou suppression d’une voie d’issue de secours existante.

Pour Sylvain Guyot, gérant de la discothèque Le Mad’ à Saint-Martin-en-Haut, ces manquements ne seraient pas possibles en France. « Je crois qu’il n’y avait pas grand-chose de compatible » avec la réglementation française, estime-t-il. « Ça ne peut pas arriver en discothèque. Toutes les discothèques sont en règle. Elles se font fermer si ce n’est pas le cas. »

Des normes très strictes pour les discothèques françaises

En France, les discothèques sont classées ERP de type P, la norme de contrôle la plus stricte, au même titre que les salles des fêtes. « On a un service d’ordre, un service de sécurité qui sait où se situent toutes les évacuations, qui sait aussi diriger les gens au cas où quoi que ce soit se passe », explique Sylvain Guyot. « On doit avoir un registre de sécurité qu’on tient à jour. Chaque année, il faut faire certains contrôles comme les extincteurs, et tout ce qui peut être inflammable chez nous. »

Les exigences portent notamment sur les issues de secours, qui doivent être équipées de barres anti-panique et s’ouvrir vers l’extérieur, sur les revêtements utilisés pour les murs, plafonds et sols, ou encore sur les installations électriques et équipements d’incendie, contrôlés chaque année. Les commissions de sécurité, composées de pompiers, du département, de la mairie et de la gendarmerie, contrôlent les établissements tous les 3 ans pour ceux de moins de 300 personnes.

Des contrôles ciblés dans les 15 jours

Dans le Rhône, la préfète a annoncé que des contrôles renforcés seront menés dans les établissements de nuit. Les services de l’État ont déjà établi une liste de cibles au regard des antécédents connus. La préfecture rappelle que les établissements festifs disposant d’un sous-sol accessible au public seront prioritaires dans ces vérifications.

La préfète a également insisté sur la responsabilité des différents acteurs. Les propriétaires et exploitants des établissements recevant du public sont les premiers responsables de la mise en œuvre des mesures de prévention et de sauvegarde. Les maires, en lien avec le service départemental et métropolitain d’incendie et de secours, doivent respecter la périodicité des visites et peuvent faire procéder à des contrôles inopinés en cas de doute sur la sécurité du public.

Une problématique qui dépasse les seules discothèques

Pour Sylvain Guyot, le drame met surtout en lumière les différences de statut entre établissements festifs. « Aujourd’hui, beaucoup d’établissements veulent faire le même métier que nous. Malheureusement, ils n’ont pas forcément la structure qui permet de le faire », regrette-t-il. « Ils vont mettre un DJ dans une salle qui n’est pas prévue pour. Ils vont faire la même chose que nous, sauf que tout n’a pas été prévu pour. »

Le gérant du Mad’ estime que tous les établissements qui reçoivent du public et utilisent de la musique amplifiée avec de l’alcool devraient avoir la même réglementation que les discothèques. « Ces contrôles menés par la préfecture, c’est aussi une façon de rassurer le public », affirme-t-il, tout en regrettant que les gens ne soient pas suffisamment informés sur les établissements qui ont fait le nécessaire en matière de sécurité.

Aux clients qui s’interrogent aujourd’hui sur la sécurité dans les lieux festifs, son conseil est clair : « Choisir les bons établissements, pour moi, les discothèques sont les plus indiquées pour ça. »

En cas de non-conformité constatée lors des contrôles, les établissements s’exposent à une fermeture administrative immédiate, en attendant la réalisation des travaux de mise aux normes.

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Écrit par: R. Galland

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